Fallafel sous la pluie

Assis au libanais-ville à forte affluence – rue inconnue

Je viens de sortir de mon rencard leboncoin avec un enorme paquet emballé dans un cabas bleu Ikea que la femme m’a filé gentiment. Il pleut et j’ai passé 40 minutes à déambuler dans les rues avec ça sur l’épaule qui pèse une tonne cinq et avec aussi l’espoir de trouver quelquechose à me foutre sous la dent avec un café, car je suis un peu fatiguée. Il pleut et ça fait du bien qu’il pleuve. Donc je suis là où je suis et je sais que les gens pensent sûrement que je suis une sdf avec mon cabas Ikea qui trimballe toute mes affaires. En plus je porte ma doudoune à capuche d’un bleu quelcquonque, ayant délaissé tout artifice de séduction pour combattre les crachats incéssant sur mon visage. Du coup je ressemble à pas grand chose d’autre qu’une nouvelle jeune clodo, une meuf qui vient de se faire jeter de chez elle avec pas grand chose hormis ce cabas bleu ikea et mille kilo à trimballer. Les gens me regarde avec un regard mi pitié mi désinterêt profond quoi que, on me souhaite bon courage dans cette épreuve. Je suis donc assis au libanais du coin et on me sers bien. On m’a même appelé ‘ma pauvre’ et je me demande si j’étais moins piteuse on me servirait moins bien, alors pourquoi pas. Une femme vient de passer en parlant d’une histoire de rat retrouvé ici, j’ai pas bien compris mais ça avait pas l’air très propre comme histoire. Le falafel est mal passé, ou peut-être que c’était le café, ou peut-être encore cette histoire de rat, mais en tout cas j’ai plus faim, tant mieux.